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A propos des menstruations


Par Geeta S. Iyengar (Février 2003 Pune)


Q.1.: Quels sont les asanas et pranayama qu'une personne pourrait pratiquer de manière sûre pendant la période des règles menstruelles ?

 

A partir du premier jour des règles jusqu'à ce que celles-ci soient terminées (ce qui peut prendre de quatre à sept jours) cette personne devrait pratiquer les asanas qui aident la femme à rester en bonne santé et qui ne créent aucune obstruction au flux menstruel. Ces asanas doivent être sélectionnées de manière à ne pas perdre son énergie et à ne pas conduire à des désordres hormonaux.

 

Les extensions vers l'avant debout (Uttistha Pascima Pratana Sthiti) – telle que Uttanasana, Adho Mukha Svanasana, Prasarita Padottanasana, Parsvottanasana – de préférence avec un support sous la tête, aident pendant la période des règles. De manière à assouplir l'abdomen, on doit d'abord faire les mouvements concaves en arrière avant d'aller vers la posture finale. Mais celles qui souffrent de douleurs dans le corps, de pression artérielle basse, de peu d'énergie et de baisse soudaine du taux de sucre (hypoglycémie) devraient éviter ces postures.

 

Ardha Chandrasana et Utthita Hasta Padangusthasana II, aident à contrôler un flux important, le mal de dos et les crampes abdominales. Celles qui souffrent de douleurs sciatiques dans le bas du dos, de disques déplacés doivent ajouter ces deux asanas à leur liste.

 

Les asanas en position couchée (Supta Sthiti) – telles que Supta Virasana, Supta Baddha Konasana, Supta Svastikasana, Matsyasana, Supta Padangusthasana II – (pratiquées à l'aide de sangles, coussins/pelochons et couvertures) relâchent les muscles et les nerfs qui sont sous contrainte permanente, sous tension et irritation. Ces asanas aident à relâcher et à diminuer les tremblements continuels des organes, ce qui réduit au minimum l'énergie vitale consommée.

 

Celles qui souffrent de manque de souffle, de lourdeur dans les seins, de rétention d'eau, de flux important, de crampes abdominales, d'irritation et d'impulsivité mentales trouveront ces asanas très efficaces pour réduire et se débarrasser de ces problèmes.

 

Les extensions simples vers l'avant (Pascima Pratana Sthiti) – telles que Adho Mukha Virasana, Adho Mukha Svastikasana, Janu Sirsasana, Trianga Mukhaikapada Pascimottanasana, Ardha Baddha Padma Pascimottanasana, Maricyasana, Parsva Upavistha Konasana, Adho Mukha Upavistha Konasana – faites paisiblement, contrôlent les saignements importants, apaisent l'abdomen et calment l'agitation des cellules du cerveau. Ces asanas aident celles qui souffrent de maux de tête, de maux de dos, de saignements importants, de crampes abdominales et de fatigue.

 

Les postures assises (Upavistha Sthiti) – telles que Svastikasana, Virasana, Padmasana, Baddha Konasana, Upavistha Konasana, Gomukhasana, Mula Bandhasana etc., aident à faire disparaître les tensions et le stress. C'est aussi l'occasion de s'occuper de ses genoux, des muscles fessiers, des aines, des chevilles, des orteils de manière à les lubrifier, les plier et les étirer, pour relâcher ces articulations et éradiquer les douleurs et les gonflements. Lorsque les jambes sont apaisées par ces asanas le cerveau aussi devient calme. 

La femme qui a des douleurs arthritiques profitera de la période des règles pour travailler ses épaules, ses coudes et ses poignets en pratiquant Pascima Baddha Hastasana, Pascima Namaskarasana, Gomukhasana (les position des bras), et les premières cordes pour les épaules etc.

 

Ainsi, celles qui souffrent d'arthrite, de douleurs rhumatismales, de gonflements dans les articulations peuvent prendre du temps pour travailler ces zones, en relâchant lentement et graduellement ces zones, en soulageant les articulations, sans être agressives.

 

Celles qui ne peuvent pas faire Virasana ou Padmasana peuvent amener ici une énergie non-agressive pour travailler les genoux: comme on dispose de suffisamment de temps, on ne sera pas dans la précipitation pour finir une pratique quotidienne planifiée.

Afin d'obtenir une bonne détente organique et nerveuse on devra faire Viparita Dandasana et Setu Bandha Sarvangasana (Purva Pratana Sthiti) qui aident à énergétiser et dynamiser le cerveau, la cage thoracique, les poumons, le cœur et maintiennent l'équilibre hormonal du système glandulaire.

 

On peut faire Savasana, Ujjayi et Viloma Pranayama en Savasana. Si les règles sont normales et ne provoquent aucune douleur, ni mal de tête, irritation, anxiété, suffocation, dépression, on peut faire Ujjayi and Viloma Pranayama en position assise.

 

Pour entretenir la santé pendant les règles on devrait faire une pratique routinière de postures couchées, d'extensions vers l'avant, Viparita Dandasana, Setu Bandha Sarvangasana et pranayama en Savasana comme un cours réduit, alors que normalement cela prend une heure et demi à deux heures.

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Q.2.: Quelles sont les asanas et pranayamas à éviter pendant les règles ?

 

On devrait éviter les inversions (Viparita Sthiti), telles que Adho Mukha Vrksasana, les équilibres sur les bras tels Bakasana (Bhujatalan Sthiti), les extensions arrières (Purva Pratana Sthiti) telles que Urdhva Dhanurasana, Kapotasana et les postures où le corps est noué (Grantha Sthiti), telles que Yoganidrasana, Eka Pada Sirsasana et les contractions abdominales (Udara Akuncana Sthiti) telles que Navasana et Jathara Parivartanasana.  

On devrait éviter le pranayama en posture assise. Si on le fait quand même, l'assise ne doit pas dépasser 15 minutes. Evitez Antara and Bahya Kumbhakas, Uddiyana et Mula Bandhas, Bhastrika, Kapalabhati et Maha Mudra.

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Q.3.: Quelles asanas sont autorisées pour les patientes lorsqu'elles ont leur propre programme de postures thérapeutiques ?

 

Cette question a une vaste portée mais je vais donner ici quelques indications. Si elles ont des problèmes vertébraux, elles peuvent aller vers des postures debout et les faire moins longtemps pour éviter la fatigue. Elles doivent veiller à prendre un support pour leur dos, leur cage thoracique, leurs jambes et ainsi de suite pour travailler spécifiquement la zone affectée.

 

Si elles doivent faire des mouvements aux cordes pour leurs épaules, le cou, le dos, elles doivent le faire avec support. Les rotations latérales (Parivrtta Sthiti) telles que Bharadvajasana, Marichyasana peuvent être exécutées pourvu que l'abdomen ne soit pas compressé. Dans les autres torsions, une pression inutile pourrait se répercuter sur les ovaires, l'utérus et le vagin. On devrait donc éviter ce type de postures. Les autres asanas citées peuvent être pratiquées pourvu qu'elles ne soient pas une contre-indication à leurs problèmes.

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Q.4.: Pourquoi ne pas pratiquer les inversions (Viparita Sthiti) pendant les règles ?

 

Si on pratique les inversions pendant les règles, le flux va être stoppé. Celles qui ont essayé de le faire auront remarqué que l'écoulement s'arrête brusquement. Ceci n'est certainement pas bon pour la santé puisque cela peut provoquer des fibromes, des kystes, de l'endométriose ou un cancer qui endommageront le système.

 

Selon l'ayurveda, ce qui doit être rejeté devrait être rejeté, et non pas retenu et gardé à l'intérieur. Vous ne pouvez pas retenir l'urine, les fèces, les expectorations, le mucus etc. à l'intérieur puisque ce sont des substances qui doivent être éliminées. Celles-ci s'appellent 'mala', les déchets qui doivent être excrétés. S'ils sont retenus à l'intérieur, ils invitent toutes sortes de maladies.

 

Pendant la période des règles, on doit diminuer les exercices physiques y compris la marche, la danse ou le travail ménager lourd. Le corps demande repos et relaxation et nous avons besoin de lui en fournir.

 

Les inversions ont leur propres caractéristiques. Cette catégorie de postures arrête les règles et lorsque pratiquées pendant la grossesse, elles gardent le foetus en sécurité et en bonne santé. Pour celles qui ont des fausses couches fréquentes, ces postures s'avèrent être une bénédiction. Pour celles dont les règles se prolongent au-delà de 15 jours, il leur est permis de commencer les inversions après 12 jours même si le flux continue. Les inversions vont stopper le flux. Il va de soi que l'on doit connaître la cause qui se cache derrière ce flux important et prolongé et traiter cette maladie avec d'autres postures en dehors de la période des règles. Si une femme a ses règles pendant l'ovulation, les inversions sont administrées comme un traitement.

 

Dès que la période des règles est terminée, il faut commencer la pratique des postures avec des inversions, puisque celles-ci sont de grandes guérisseuses du système reproductif. Elles apportent rapidement un équilibre.

 

Dans ce contexte, les effets des inversions étant connus, on ne doit avoir aucun doute sur la nécessité de leurs omissions pendant les règles. Si par son obstination et sa rigidité on se force à les faire, on pourra avoir à le payer lourdement, non pas immédiatement mais plus tard.

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Q.5.: Est-ce bon de pratiquer les inversions après le troisième jour, pendant sa propre pratique et pendant les stages de yoga ?

 

Une femme ne devrait pas poser une question aussi stupide. Les règles doivent être complètement terminées. La question n'est pas trois jours ou quatre jours. Le flux doit avoir cessé. S'il s'agit d'une journée de yoga ou d'un cours intensif avec un professeur ou d'une convention, vous devez protéger votre santé.

 

Dès que les règles sont terminées, commencez la pratique des inversions. Ne partez pas subitement dans des postures debout, de flexions arrière, d'équilibre etc. Rappelez-vous que vous avez juste relâché un bébé non-né, puisque la période des règles menstruelles est appelée les funérailles du bébé non-né.

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Q.6.: Durant les évaluations lorsque les personnes doivent montrer leur travail, peuvent-elles monter pour montrer une inversion et ensuite descendre si c'est le début ?

 

Que ce soit le début ou la fin des règles, le fait est qu'on ne devrait pas faire d'inversions.

 

Certaines femmes n'éliminent pas à partir du tout début. Elle ont des petites pertes pendant un jour ou deux et ensuite le vrai flux commence. Ici, il serait erroné de faire des inversions puisque le flux épars serait prolongé avant le début du flux principal. Si le flux a déjà commencé il sera arrêté à cause de l'inversion pratiquée.

 

Si elle est proche de la fin des règles, il se peut que ce ne soit pas très nuisible si elle doit juste monter dans la posture finale et revenir en vue de l'évaluation comme je le disais plus tôt. Mais si les inversions sont exécutées régulièrement pendant les règles, cela s'avérera nuisible comme je l'ai dit précédemment.

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Q.7.: Après le troisième jour, pendant les évaluations, peuvent-elles rester plus longtemps pour les variations ?

 

C'est une question très subjective. La question n'est pas le 3ème ou le 4ème jour. Ne comptez pas les jours. Si le flux continue cela est nuisible de tenter les inversions et d'autant plus d'y rester. Mais si le flux est terminé, c'est une bénédiction puisqu'on doit pratiquer les inversions après les règles.  

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Q.8.: Si elles ont leurs règles, les candidates devraient-elles être évaluées à un autre moment ?

 

Cela doit être décidé par le jury. Lorsque les jours d'évaluation sont fixés, les candidates en connaissent les dates.  

  1. Elles devraient informer le président du jury de leur problème.
  2. De telles candidates doivent être évaluées avant ou après les dates déclarées de l'évaluation.
  3. Les enseignants qui les ont formées devraient fournir une lettre informant le jury de quoi cette personne est capable, et pendant combien de temps, juste pour que le jury connaisse leur standard. Si elles sont incapables d'exécuter les asanas, le jury doit le savoir à l'avance.
  4. Le groupe de femmes dont les dates de menstruations coïncident avec les évaluations peuvent être évaluées par une seule personne s'il y a des difficultés à réunir le jury.
  5. Si la candidate pense qu'elle arrive à la fin des menstruations et par conséquent qu'elle peut faire sa prestation, elle le fera à ses risques et périls. Cela dépend également du niveau auquel on est évalué. Dans le cas ou la personne évaluée a besoin de rester et d'exécuter des variations, alors la méthode ci-dessus ne prouve certainement pas la compétence de la candidate.
  6. Cependant, durant les journées de yoga, dans les classes et dans les conventions, peu importe la situation, elles ne devraient pas faire d'inversions.
  7. Si les candidates s'exécutent aux plus hauts niveaux, le jury peut avoir besoin d'évaluer la performance des asanas qui sont à éviter durant les menstruations. Dans ce cas, le jury a également besoin que de tels groupes soient évalués séparément comme mentionné ci-dessus dans b) et c).
 

Dans de telles situations la solution pour le jury est de connaître par avance le nombre de candidates qui ont de tels problèmes de manière à ce qu'il puisse proposer des dates le mois qui précède ou qui suit et d'évaluer à ces dates supplémentaires uniquement les postures qui ne devraient pas être exécutées pendant les menstruations.

Si, à cause de la distance, cela est impossible alors l'enseignant local, par une observation (1 à 3 min) devra faire l'évaluation séparément et envoyer un rapport avec des photographies à l'appui pour que le jury puisse juger.

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